Publié le 29 janvier 2021
En titularisant Thomas Vannoye face à Ajaccio, l'USL Dunkerque a confirmé son intention de faire confiance aux jeunes du cru ! Un pari gagnant face aux Corses !
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C’est l’une des belles histoires de la 21ème journée de Ligue 2 BKT. Samedi, face à Ajaccio, Thomas Vannoye a vécu sa première titularisation chez les pros. A 23 ans, le défenseur a su attendre son heure. Lancé dans le grand bain pour remplacer au pied levé Demba Thiam, blessé face à Clermont, le jeune homme n’avait pas pu éviter le naufrage des siens. Mais le Dunkerquois de naissance ne s’est pas démonté, loin de là. Quelques jours plus tard, il effectuait une belle prestation en Coupe de France face à Amiens avant donc d’être titularisé contre l’ACA.

Face à une équipe invaincue depuis cinq rencontres, Thomas Vannoye a sorti le grand jeu, délivrant un passe décisive et s’incrustant dans le top 5 des meilleurs latéraux droits de la journée ! Une fierté pour son entraîneur, mais pas seulement. « C’est une fierté car notre club est un seul club. Parfois, il y a les pros d’un côté et la formation de l’autre, mais à l’USLD, on travaille ensemble et je suis heureux pour Thomas, pour nous aussi puisqu’il a été bon, et enfin pour les éducateurs qui l’ont eu précédemment et qui ont fait un bon travail en participant à sa progression. Certains m’ont envoyé des messages après le match. Comme je le dis souvent dans mes causeries, ces garçons, que ce soit Thomas, Arthur ou « Mich » Bruneel, ont le cœur bleu et blanc et c’est quelque chose d’important. »

Arrivé au stade Tribut à l’âge de cinq ans pour son premier entraînement, Thomas Vannoye a connu nombre d’entraîneurs et notamment Jean-Charles Delgrange. « J’ai eu Thomas en U13, je l’ai vu grandir, je l’ai eu dans plusieurs catégories, souvent avec les mêmes défauts et les mêmes qualités. On a eu du mal à le changer, mais sa maturité, son sérieux et son investissement lui ont permis de progresser et de se mettre à niveau, témoigne l’entraîneur. Maintenant, c’est la régularité qui fera qu’on pourra vraiment le juger sur la Ligue 2, mais je ne suis pas surpris de le voir à ce niveau sur un match. »

Même son de cloche du côté de Dominique Paternoga, aujourd’hui en charge de l’équipe réserve. « C’est la philosophie du club que de permettre des passerelles entre la formation et l’équipe première. C’était déjà le cas quand je jouais et cela se perpétue. Je ne suis pas surpris non plus de voir évoluer Tom à ce niveau. Je l’avais orienté côté droit avec la réserve car pour le moment, il a encore un manque en termes de communication pour jouer dans l’axe, ce qui est  un peu moins vrai sur le côté, mais il a toutes les qualités pour devenir un vrai bon joueur de Ligue 2, voire plus. Il a un potentiel énorme. C’est un garçon introverti qui commence à s’ouvrir. »

Des jeunes « au cœur bleu et blanc »

Outre Thomas Vannoye, d’autres jeunes pointent le bout de leur nez à l’image de Théo Loridan ou Arthur Beelkens, qui ont rejoint le groupe en cours de saison, « Au départ c’est une stratégie claire dès le début de saison, mais on se donnait le temps d’observer ces garçons. On les avait identifiés, on a la chance d’avoir un staff qui les connaît tous. il y en a d’autres qu’on suit, même s’ils ont la malchance de ne pas pouvoir jouer le week-end et qui sont freinés dans leur progression. On a intégré les petits qui nous semblaient être les plus prêts, mais aussi ceux qui nous permettent de combler nos besoins. On n’a pas pu recruter en janvier, alors on a fait un recrutement dans notre propre club, avec des gamins qui le méritent », témoigne Fabien Mercadal, particulièrement attaché au développement des jeunes joueurs. Titulaire du diplôme de formateur, le coach dunkerquois met un point d’honneur à lancer des jeunes à l’image d’Ilan Kebbal qui a su s’imposer comme titulaire indiscutable ou encore Ozkan Cetiner, qui a disputé ses premières minutes de jeu à 19 ans face à Valenciennes. « C’est quelqu’un en qui l’on croit, avec qui on travaille, comme Dorian Salhi. On les fait travailler plus que les autres, ils doublent, font de la muscu, du travail tactique, de la vidéo, mais on veut les préparer pour un futur proche. »

Fabien Mercadal n’a pas oublié le jour où il a lancé Nicolas Bruneel en National à Fréjus, en mars 2016. « Il y a toujours un peu d’appréhension, pour nous, mais aussi pour eux s’ils passent au travers et que ce n’est pas le bon moment, mais la plupart du temps ça se passe bien ! »

L’objectif du staff maritime est de poursuivre l’intégration d’autres joueurs d’ici la fin de l’exercice. « Avec Dominique, Jean-Charles ou encore Stjepan, on est là tous les jours, on regarde les jeunes et on échange, relate Fabien Mercadal. Ce sont des générations que l’on connaît bien, puisque pour la petite histoire, Théo jouait avec mon fils par exemple. »

A 17 ans, Théo Loridan avait disputé la deuxième période du match amical face à Ostende courant novembre, montrant de belles dispositions. C’est quelqu’un dont je connais les qualités et les défauts. Il me fait penser à Nico Bruneel dans l’état d’esprit. Il faut qu’il se calme un peu parfois, mais il a une grosse envie et ça lui permet d’exister à l’image de « Mich » qui a su faire ses preuves en Ligue 2 avant de se blesser. » Il a réussi à canaliser son énergie », confirme Jean-Charles Delgrange au sujet de celui qui a signé sa première licence à l’USLD en 2012 et qui a rejoint Lens entre 2017 et 2019 avant de revenir dans la cité de Jean-Bart.

« Envie et rigueur »

Dernier arrivé, Arthur Beelkens a lui aussi profité des blessure dans le secteur défensif pour se faire une place dans le groupe professionnel. Le petit dernier, né en 2002, a rejoint Dunkerque en 2013, faisant toutes ses gammes à l’USLD. Pour Dominique Paternoga, « Arthur est exemplaire en termes de régularité. Il a des bonnes qualités, sans en avoir une au-dessus des autres, mais il est bon partout. Il a aussi un engagement et une grosse envie de réussir. »

Un point commun à tous ces jeunes qui parviennent à intégrer l’équipe première, comme le confirme Stjepan Cvitkovic : « Ces joueurs ont des qualités indiscutables, mais ils sont aussi irréprochables en termes de comportement et partagent cette envie de réussir. Après ils confirment ou pas une fois qu’ils arrivent là-haut, mais le fait que l’on choisisse ces profils-là, c’est parce qu’il y a une continuité dans leur progression, mais aussi toujours cette envie et cette rigueur », témoigne l’entraîneur.

« Beaucoup d’autres joueurs pourraient prétendre à rejoindre le groupe, ajoute Dominique Paternoga, mais il faut montrer de la régularité et correspondre aux valeurs du groupe et du club. »

Er Stjepan Cvitkovicde conclure : « Ils ont la chance d’évoluer à Dunkerque où l’effectif de l’équipe première n’est pas pléthorique. A eux de saisir cette chance, car elle ne se représentera peut-être pas. » Le message est passé !