Contre vents et marées

Publié le 23 mai 2017
Deuxième volet de notre entretien vec Miloud Gaïd, entraîneur des U17, mais aussi responsable du recrutement chez les jeunes. Il nous explique le fonctionnement de la cellule de recrutement à l'USLD.
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  • Miloud, pour commencer, peux-tu nous expliquer en quoi consiste cette casquette de responsable du recrutement jeunes ?

« La cellule de recrutement de Dunkerque, qui fonctionnait bien à l’époque et qui avait réussi à sortir pas mal de jeunes, n’était plus en activité dernièrement. Les personnes du milieu savent que j’ai toujours été recruteur. J’ai parfois eu du mal à enlever cette casquette, à tel point qu’on me reprochait de ne pas être capable d’être éducateur. Il a fallu montrer que j’étais en mesure de faire les deux. Quand je suis arrivé à l’USLD l’an dernier, j’ai accepté le projet du club, à savoir m’occuper de l’équipe U17 et gérer la cellule de recrutement jeunes. Cela consiste à observer le maximum de matchs, à essayer de récupérer les meilleurs jeunes du littoral et éventuellement à avoir un œil sur les meilleurs dossiers de la région pour les amener à franchir un cap supplémentaire dans nos championnats. »

  • Quelles catégories sont concernées par ces observations ?

« Ça commence en U13, puisqu’on prépare les futurs U14. Et ça peut aller jusqu’à l’équipe réserve. »

  • L’USLD souffre d’une image péjorative en ce qui concerne le recrutement, comment l’expliques-tu ?

« Effectivement, les clubs extérieurs ont beaucoup de mal à nous faire confiance, peut-être suite à une gestion compliquée par le passé. De mon côté, je suis quelqu’un de discret dans le travail. Lorsque j’étudie un dossier, j’essaie de prendre mon temps. J’observe plusieurs  fois, j’envoie des éducateurs observer de nouveau afin d’avoir plus de certitudes. Après, j’essaie d’avoir un contact plus direct avec le club et puis ensuite, si possible, de rencontrer les familles. On a de bonnes relations avec l’équipe technique régionale de la Ligue, ainsi qu’avec le Pôle espoirs où plusieurs de nos joueurs évoluent. Après, on essaie de redorer notre image auprès des clubs du littoral afin qu’ils nous fassent plus confiance. Petit à petit, on va y arriver ! »

  • L’objectif est de casser cette image de pilleur de clubs ?

« Exactement, on essaie, lorsqu’on veut recruter un garçon, de le garder sur le long terme. Ça fait partie des consignes de Jean-Charles Delgrange, responsable de la formation au club. C’est pour ça qu’on essaie de ne pas se tromper, qu’on multiplie les observations afin de ne pas avoir à se séparer de garçons qui n’auraient pas répondu aux attentes du club au cours de la saison. »

  • Quelles sont les étapes du recrutement ?

« C’est plutôt simple. On essaie d’observer, on part sur 4 ou 5 mois d’observation où on ne contacte pas forcément les familles au début. On essaie d’être discrets. Ensuite, lorsqu’on est en train de confirmer un dossier, on se rapproche de l’éducateur, puis du club et de son responsable technique s’il y en a un. Par la suite, pour les convocations, on rentre en contact avec le club, puis avec les familles, afin de savoir si le joueur est prêt à venir chez nous. A partir de là, suite à nos observations lors des journées de rassemblement, on essaie de prendre une décision collective. »

  • Le club travaille avec des établissements scolaires de Dunkerque ?

« Tout à fait. C’est la base de notre double projet scolaire et sportif. De ce fait, nous avons plusieurs partenariats : avec les sections sportives Guilleminot et Robespierre pour le collège et Jean-Bart pour le lycée. Et nous travaillons également en partenariat avec l’EPID  et Vauban, ainsi qu’avec le lycée Fernand Léger pour l’internat. »

  • Pourquoi le club n’organise pas de journées de détection à proprement parler ?

« C’est un choix, car le recrutement chez nous est ciblé au poste. Malheureusement, on ne peut pas accueillir tout le monde parce qu’on essaie de préserver les joueurs formés au club. Si un garçon quitte le club, alors on essaie de compenser son départ poste pour poste. Et évidemment, si dans la génération 2000 on est à la recherche d’un latéral gauche et que je reçois cinquante candidatures de milieu récupérateur, alors que j’en ai trois qui tournent très bien, je ne vois pas l’intérêt de faire déplacer un garçon, et ce malgré ses qualités. Même si on peut parfois passer à côté d’un très bon joueur, le but est de ne pas perturber le travail des gamins déjà au club. Donc on cible au poste et à partir de là, on essaie d’accueillir selon les besoins. «