Publié le 19 janvier 2022
Aujourd'hui, retour sur les 16 saisons passées par Jérémy Huysman sous les couleurs de l'équipe première de l'USL Dunkerque. Des anecdotes croustillantes et de beaux messages destinés aux supporters. #UnJourUnTribut : acte 2 !
Photo actualités

Jérémy, comment appréhendes-tu ce premier match dans ce nouveau Tribut qui sera officiellement mis en service face à Sochaux ?

J’ai hâte. Ce projet de nouveau stade, j’en entends parler depuis tellement d’années que se dire qu’on va enfin pouvoir jouer dans ce nouveau Tribut, c’est beaucoup d’émotions. Je suis ravi et j’aurais vraiment aimé que Tribut soit rempli pour ce premier match et que tous nos supporters puissent être là. On est en train de montrer que le club évolue et avance dans la bonne direction. C’est un peu comme une récompense car le club progresse et fait les bons choix. Voir un stade comme ça, rester au même endroit dans Dunkerque, c’est très symbolique.

Toi, qui dispute ta 20ème saison au club, dont 16 en équipe première, qu’est-ce qui te vient à l’esprit quand le mot Tribut arrive à tes oreilles ?

C’est bête, mais quand on jouait, à l’époque, en février – mars, il y avait des supporters, dans la tribune, qui se déguisaient en carnavaleux pour venir regarde nos matches. Pour ceux qui venaient déguisés en carnavaleux, l’entrée était gratuite. En plus, on jouait le samedi, vers 18h, donc derrière, ils partaient directement faire les chapelles et les bals. Pour moi, qui suis vachement accroché aux coutumes dunkerquoises, c’est quelque chose qui m’a toujours marqué. Pour vous dire, je me suis même marié habillé en carnavaleux. Je trouve que c’est beau de garder les coutumes et les valeurs de la ville et du club.

« C’est beau de garder les coutumes et les valeurs de la ville et du club » – Jérémy Huysman

Jean-Philippe Belet, que tu connais très bien, nous expliquait qu’aujourd’hui, Tribut représente clairement l’ADN et l’identité de Dunkerque. Est-ce un détail important, pour toi aussi ?

Pour moi, c’est super important et, je reviens là-dessus, mais c’est très important que Tribut soit resté au même endroit. Il y a beaucoup de stades, aujourd’hui, qui sont reconstruits à d’autres endroits. Tribut, c’est là où s’est passée toute l’Histoire du club. Il y a une âme à cet endroit-là. En plus, aujourd’hui, il a été reconstruit sans la piste d’athlétisme. Les tribunes sont plus proches du terrain. C’est encore mieux, parce qu’on va encore plus sentir le soutien des supporters et l’engouement des Dunkerquois. Ça, c’est génial, parce que c’est une bonne évolution.

Parmi toutes ces saisons que tu as disputées sous les couleurs de l’USL Dunkerque, quel est le meilleur souvenir que tu gardes, à Tribut ?

Mon meilleur souvenir, même si on a perdu, c’était contre Compiègne, lors du dernier match du CFA, quand on monte en National. On avait les cheveux bleus, on savait déjà qu’on allait monter. Pour moi, c’est un jour qui restera gravé, tant pour l’avant-match, le match que pour l’après-match que l’on a passé tous ensemble, avec l’équipe. C’était vraiment top.

Je me rappelle aussi d’un match contre Calvi. Les lumières de Tribut s’étaient éteintes. La règle, c’est qu’au bout de 45 minutes, si cela ne se rallume pas, tu as match perdu. Ce jour-là, un seul éclairage sur les deux s’était rallumé. L’anecdote assez sympa, c’est que le gardien et le latéral de Calvi disaient qu’ils n’aveint pas mis leurs lentilles, car ils portaient des lunettes. Du coup, ils disaient qu’ils ne voyaient pas assez avec un seul éclairage… Au final, l’arbitre a fini par faire reprendre le match. C’est un moment assez à part qui, à postériori, était assez sympa à vivre.

En tant que jeune, quand tu venais à Tribut voir l’équipe de Dunkerque jouer, était-ce vraiment là que tu as commencé à te dire : « Un jour, moi aussi je porterai ce maillot » ?

Il faut demander à Jean-Philippe Belet. Quand on avait 13 ans, notre objectif, c’était de jouer, un jour, en équipe première à Dunkerque. En plus, mon père était le coach, à l’époque. Du coup, je faisais quasiment tous les déplacements avec eux. J’étais donc déjà sérieusement imbibé dans cette ambiance. J’ai même connu les anciens vestiaires, avant même l’arrivée des pré-fabriqués. J’ai aussi joué avec Ludovic Pollet, qui est devenu mon entraîneur après… J’avoue que cela ne me rajeunit pas (il rigole) !

« Il faut que le public vienne nous pousser à aller chercher les petits détails » – Jérémy Huysman

Cette nouvelle tribune « Alex Dupont » va devenir le véritable lieu de vie des jeunes de l’association. En tant qu’enfant du club, est-ce que tu as un message à leur faire passer, à tous ces jeunes de l’USL Dunkerque ?

Ce que je dis aux jeunes, à chaque fois, c’est de se défoncer et de tout éclater. Il ne faut pas avoir de regrets pour aller au bout de ses rêves. Là, on a un Tribut qui est magnifique. Mais pour arriver à ça, on a galéré. C’était difficile de se taper les équipes de Corse, de Paris, etc. Et le terrain qu’on avait avant n’était pas le terrain qu’on peut avoir aujourd’hui. Il faut qu’ils gardent tout ce que nous avons fait avant pour participer à leur tour au développement du club. Qui dit qu’une tribune ne va pas, un jour, pousser derrière un but ?

Les jeunes, je leur dit de ne rien lâcher et d’aller au bout de leurs rêves, tout le temps. C’est vraiment le message que je tiens à leur faire passer. Aujourd’hui, ils sont un peu nonchalants et peuvent penser que tout est un dû, pour eux. Mais le plus dur, ça n’est pas d’y arriver : c’est d’y rester. Là, on a le stade, maintenant, le plus dur sera de rester à ce niveau-là.

On sent qu’aujourd’hui, ton rêve est vraiment de voir le club continuer à grandir et rester à ce niveau…

C’est clair. Dans un premier temps, il va falloir pérenniser le club en Ligue 2 BKT. Là, on a quatre gros mois qui arrivent. On aura besoin de tous : les joueurs, le staff, la direction, les administratifs et les supporters. Il faut qu’on soit tous ensemble, parce que là, nous sommes dans une position compliquée, alors il faut l’union sacrée. Ressortons les valeurs et allons à la bagarre !

Quel message souhaites-tu faire passer aux supporters de l’USL Dunkerque qui ne sont peut-être pas les plus nombreux, mais dont la fidélité n’est plus à prouver ?

Le message que je veux leur faire passer, c’est qu’ils ont toujours été présents pour nous. Tant dans les bons moments que dans les mauvais. Là, avec un Tribut flambant neuf, je pense qu’il y a tout pour faire en sorte qu’ils reviennent. Aujourd’hui, nous sommes dans une position délicate en championnat, et le soutien du public dunkerquois est primordial. Il faut qu’ils viennent nous pousser et nous aider à aller chercher les petits détails qui vont nous permettre de nous maintenir à l’arrivée. On l’a vu la saison dernière : cela ne se joue à rien.

C’est peut-être un supporter qui, à un moment donné, va crier pour prévenir l’un des nôtres de faire l’effort parce que un adversaire arrive dans son dos. Franchement, ça ne se joue à rien et c’est pour ça qu’on a besoin de tout le monde pour mettre la pression sur l’adversaire ou même sur l’arbitrage. On a besoin d’eux !

Par Lucas Obin