Contre vents et marées

Publié le 29 mai 2017
Première partie de notre entretien avec Jean-Pierre Scouarnec, président de l'USLD, qui fait le bilan à l'issue de la saison 2016-2017.
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  • Jean-Pierre, la saison se termine doucement, quel bilan dresses-tu concernant l’équipe fanion ?

« Après le match de Lyon, j’étais quasiment certain qu’on était incapables de monter, qu’on n’allait pas réussir à faire la bascule au niveau de l’état d’esprit dans lequel on était depuis déjà quatre matchs. Je m’étais fait une raison et je n’ai donc pas été troublé par le résultat de Boulogne. Après, je suis triste évidemment, notamment pour mon staff, car je pense qu’ils auraient au moins mérité de faire les barrages et je suis triste pour les supporters, qui n’ont pas cessé de nous soutenir du début à la fin de saison. Pour moi, il y a eu deux périodes dans cette saison, le début de la poule aller qui s’est très bien passé. Ensuite, je pense qu’il y a eu un peu de vacuité en se disant qu’on est meilleurs que tout le monde et du coup, on a plongé. On a bien redémarré la deuxième partie de saison, hormis contre Bastia. Derrière, on a bien enquillé et après il y a eu une peur de rater, une peur de ne pas y arriver, alors que tout était ouvert pour y aller si on jouait comme on savait le faire. Mais psychologiquement, les joueurs n’ont pas tenu le choc et ont commencé à complètement déjouer et à ne plus suivre ce que le coach leur disait. Et ni mes interventions, ni celles de Didier ou du vice-président n’ont réussi à les remettre en route. Je pense que c’est dû à un manque de caractère. Ils n’ont cessé de dire qu’ils étaient un groupe qui vivait bien, mais ils auraient peut-être mieux fait parfois de se mettre des baffes. »

  • Selon toi, ce n’est donc pas le sportif qui a pêché, mais bien l’état d’esprit ?

« Je pense. Je ne suis pas technicien, mais de ma fenêtre, c’est le côté psychologique qui a craqué après le match contre Chambly. Après ce match, ils ont commencé à avoir peur. Ils ont eu peur de mal faire. Et lorsqu’on a ce genre de peur, on baisse son pourcentage de qualité. Or, notre équipe ne pouvait fonctionner qu’à 100% de ses qualités. Le match  de Quevilly le prouve. Quevilly Rouen, sur l’ensemble de la saison, n’est pas meilleur que nous. Ce sont deux équipes qui sont très proches, mais ils n’avaient pas la trouille, nous on l’avait. C’est là-dessus que ça s’est joué. »

  • Malgré tout, il y a des choses positives à retenir de cet exercice ?

« Bien sûr, car on n’était pas partis pour faire ça ! On était partis pour se maintenir ou avoir un classement honorable. On bat notre record de points depuis notre retour dans le championnat de National. On a fait des choses qui ont fait vibrer le public. On l’a vu avec le dernier match à guichets fermés. C’est une saison intéressante, mais il manque un petit truc pour remercier l’ensemble des acteurs : supporters, staff, dirigeants ou les joueurs eux-mêmes… Il manque une petite cerise, mais la saison a tenu toutes ses promesses. »

  • L’autre satisfaction, c’est l’intégration express de Didier Santini !

« Je n’avais aucune crainte là-dessus. Didier a ce côté humain que j’ai aussi. A partir de ce moment-là, je savais que ça se passerait très bien. Je savais qu’il serait difficile de prendre la place de Fabien. Je savais aussi que Didier avait un match piège avec le premier match à Boulogne… Comme il l’a gagné, je me suis dit qu’il était vite rentré dans le moule et les supporters l’ont adopté. A partir de là, ça ne pouvait que fonctionner. Il a ses qualités d’entraîneur, des qualités différentes de celles de Fabien. Ce sont deux entraîneurs qui n’ont pas la même culture du football, mais qui sont excellents tous les deux dans leur travail. A partir de ce moment-là, Didier sera avec nous, il reste avec nous, il va retravailler avec nous pour qu’on vive une saison certes différente, mais où on ne sait pas ce qui peut arriver… »

Rendez-vous demain pour la deuxième partie de l’interview de Jean-Pierre Scouarnec !