Contre vents et marées

Publié le 22 décembre 2019
Jean-Pierre Scouarnec, président de la SASSP, et Edwin Pindi, secrétaire général de l'USL Dunkerque, ont dressé un bilan à la mi-saison.
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  • Edwin, Jean-Pierre, un mot déjà sur la belle victoire maritime face à Cholet pour clôturer la phase aller ?

Jean-Pierre Scouarnec : « Ça a été une rencontre maîtrisée du début jusqu’à la fin de la part de notre équipe, même si Cholet a perdu un joueur sur expulsion. »

Edwin Pindi : « Au-delà de la maîtrise, on sent que cette équipe prend du plaisir. On l’a notamment vu lorsque Thibault Vialla a inscrit le quatrième but du match. Même si la rencontre était déjà pliée, on a vu ses coéquipiers célébrer avec lui, heureux de fêter ce premier but, même s’il n’a pas forcément autant de temps de jeu que les titulaires. C’est une équipe qui prend du plaisir à jouer ensemble. »

  • Plus globalement, quel bilan tirez-vous de cette première phase sur le plan sportif ?

Jean-Pierre Scouarnec : « C’est une belle première partie de saison avec notamment cinq victoires pour débuter qui nous mettent dans le haut du tableau. Après, on a connu des résultats cohérents sur l’ensemble des matchs, mais le plus important, c’est qu’à chaque fois qu’on a été en difficulté, on a su rebondir le match suivant. C’est ça qui est important et qui nous permet d’être en haut du classement aujourd’hui. Et je terminerai en disant qu’il ne nous reste plus que neuf points à aller chercher pour se maintenir, même si le coach et Edwin ne seront pas d’accord avec ce chiffre (rires) ! »

Edwin Pindi : « C’est évidemment une première partie de saison satisfaisante. On se rend compte que l’on est dans la continuité de la  fin de saison dernière puisque sur l’ensemble de l’année 2019, on a pris un total de 63 points, 30 lors de la phase retour 2018-2019 et 33 sur cette phase aller ! C’est donc une grosse année 2019, dans la continuité, malgré les mouvement estivaux. Forcément il y a de la satisfaction sur le plan comptable, mais la satisfaction est surtout de voir ce groupe qui vit très bien ensemble et qui, comme l’a dit Jean-Pierre, a su réagir lorsqu’on a eu un coup de moins bien. Je pense notamment à l’élimination en Coupe de France où derrière tu prends quatre points sur deux matchs malgré la déception de ne pas être en 32èmes de finale. C’est vraiment la force de cette équipe, mais ça l’était déjà un peu lors de la deuxième partie de saison. »

  • Sur le plan sportif, la seule ombre au tableau serait cette élimination en Coupe de France justement ?

Edwin Pindi : « Ombre au tableau c’est un peu fort car la Coupe de France n’était pas forcément un objectif en soi. Ce sont surtout les circonstances qui font qu’il y a de la déception. Potentiellement, accueillir un 32èmes de finale face à une grosse équipe est positif notamment pour les supporters. Maintenant, à tout le monde de travailler dans le même sens pour passer outre cette déception et se concentrer sur le championnat.  »

Jean-Pierre Scouarnec : « Disons que l’idée générale en début de saison, c’était de se dire d’aller jusqu’en 32ème parce qu’on a les possibilités de le faire et d’offrir quelque chose d’intéressant à nos supporters. Ce qui est compliqué à digérer, même si la Coupe n’était pas un objectif en tant que tel, c’est de sortir un match parfait face à au Havre, une équipe de Ligue 2 pour ensuite se faire virer par une R1, Reims Sainte-Anne, sans leur manquer de respect, sans avoir été exceptionnels. On nous dira certes que la priorité est le championnat, mais on a aussi des devoirs et offrir un 32ème de finale à nos supporters en faisait partie. Aujourd’hui, la déception est quasiment oubliée avec ce titre de champion d’automne. »

  • Un titre de champion d’automne honorifique, mais qui a de la valeur au vu du niveau de ce championnat ?

Edwin Pindi : « C’est un championnat qui, depuis 3 ans, est d’une grande homogénéité. C’est évidemment un titre symbolique et plaisant, mais Pau a 33 points, le Red Star en a 32, Lyon et Villefranche 31. Nous sommes cinq équipes à compter plus de 30 points après la phase aller ! Et lorsque tu regardes le classement, tu peux perdre une match et passer de la première à la cinquième place ! »

Jean-Pierre Scouarnec : « Ce championnat est très serré et il est très difficile de deviner le classement en amont. Il n’y a que la régularité qui paye dans ce championnat-là puisque tout le monde est capable de battre tout le monde. Depuis trois ans, on assiste à une homogénéisation du National. Il y a quatre ans et avant, on pouvait deviner, à peu de choses près, qui seraient les quatre derniers. Aujourd’hui, c’est quasiment impossible. Il n’y a qu’à prendre notre exemple de l’an dernier, où avec treize points après la phase aller, on aurait presque pu garantir que l’on serait relégué. Et malgré tout, on a réussi à se maintenir. Aujourd’hui, le seul constat que l’on peut faire c’est qu’un tout petit écart s’est créé entre les cinq premières équipes et le reste du classement. Mais dans tous les cas, il y a cinq équipes pour deux places ! D’où l’importance, et c’est l’ADN du club, de tout faire pour se maintenir dans un premier temps, d’être assurés de rester en National et après, on verra ce qui se passera. Mais on ne peut pas dire aujourd’hui, parce qu’on a la chance d’être champions d’automne, qu’on sera à la même place à la fin de la trente-quatrième journée. Ce serait à la fois prétentieux et méconnaître ce championnat de National. Ce que l’on peut espérer, c’est que les joueurs continuent à offrir ce qu’ils nous ont offert depuis le début de saison. A partir de ce moment-là, on pourra se mettre à rêver, mais si l’on a un trou de deux ou trois matchs, on peut vite redescendre dans le ventre mou. »

  • Faut-il s’attendre à des mouvements durant cette trêve ?

Jean-Pierre Scouarnec : « Pour faire dans l’humoristique, le premier mouvement pourrait être le départ du président sur un titre de champion d’automne… D’une manière plus sérieuse, le club est encadré au niveau de la masse salariale. Aujourd’hui, on est au taquet de la masse salariale, donc, sauf événement extérieur, il ne pourra rien se passer de bien significatif durant ce mercato. Ou alors, le président peut sortir un lapin de son chapeau, mais ça, c’est loin d’être évident ! Donc, à partir de ce moment-là, on va attendre que les fêtes passent et on verra ce que le Père Noël nous apporte. »

Edwin Pindi : « A notre niveau, nous, avec les techniciens, notre rôle est avant tout de travailler avec les moyens que nous avons, dans un sens ou un autre. Nous devons nous adapter et préparer tous les scénarios possibles. Mais ce qu’on peut souligner, c’est que le groupe que nous avons construit cet été est cohérent. »

  • Cet encadrement de la masse salariale n’est nullement inquiétant ou surprenant ?

Jean-Pierre Scouarnec : « Nous avons défini un budget prévisionnel avec des fond propres définis qui ne sont pas énormes, on ne gagne pas d’argent à la fin de la saison, on équilibre. A partir de-là, on n’a pas les moyens d’embaucher un joueur supplémentaire, donc l’encadrement de la masse salariale est tout à fait normal. Comme me le disait le président de la DNCG lors de notre avant-dernière audition, fais des fonds propres et j’aimerais bien ne plus avoir à encadrer ta masse salariale. Or, pour faire des fonds propres, il faut avoir plus d’argent ; pour avoir plus d’argent, il faut soit en mettre moins dans les joueurs, soit apporter plus d’argent. Aujourd’hui, on sait que ce n’est pas la chose la plus facile à faire. Donc, on reste comme on est. On sait ce que nous devrions faire s’il pouvait nous arriver quelque chose de magnifique en fin de saison pour monter en Ligue 2. A partir de ce moment-là, on le fera. »

  • On parle beaucoup du chantier de rénovation du stade Tribut, où en est-on aujourd’hui ?

Jean-Pierre Scouarnec : « Nous n’avons aucun commentaire à faire. Ce chantier relève du domaine du président de la Communauté urbaine de Dunkerque. Nous ne serons en effet que les locataires du stade. A partir de ce moment-là, nous sommes dans une phase « d’attente ». On nous a promis une livraison mi-janvier ou fin janvier, on l’attend en tout cas avec impatience, mais nous remercions le président de la CUD pour cet investissement. »

Edwin Pindi : « Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que l’on disputera notre match du 10 janvier dans la configuration actuelle avec l’ancienne tribune. Nous allons donc ouvrir la billetterie pour la réception de Quevilly. »

  • Ce nouveau stade est en tout cas l’outil idéal pour développer de nouvelles recettes ?

Jean-Pierre Scouarnec : « C’est le meilleur outil pour cela en effet. Ce stade a deux raisons d’être : la première, c’est d’être aux normes de la Ligue 2 pour espérer pouvoir y jouer, non pas dès la saison prochaine, mais en 2021-2022. La deuxième raison de ce stade c’est de permettre d’augmenter et de diversifier les recettes du club. A nous de bien les gérer pour y arrive. »

Edwin Pindi : « Ce nouveau stade doit être un vrai levier de développement. Cela fait un moment qu’on se prépare et notre structuration a été pensée afin d’être prêt à son arrivée. Il va être un bel outil pour attirer de nouveaux partenaires, et accueillir nos supporters. A nous de bien l’appréhender pour générer des revenus supplémentaires. »

  • Avez-vous des choses à ajouter ?

Jean-Pierre Scouarnec : « Oui, pour ma part, je souhaiterais dans un premier temps remercier les co-actionnaires qui travaillent avec moi à savoir Eddy Dobbelaere et Douglas Broucke. Dans un deuxième temps, je voudrais féliciter Claude Robin pour ce qu’il a fait puisqu’en deux demi-saisons, il a réussi à décrocher la bagatelle de 63 points, ce que peu de coachs de National ont réussi à faire. Si on en est là aujourd’hui, c’est en grande partie grâce à Claude et à son staff et évidemment grâce aux joueurs pour le travail qu’ils font sur le terrain. Je souhaite également remercier les salariés administratifs et Edwin qui les dirige. Merci également à la cellule de recrutement et à Kevin Lesportes. Le travail de structuration du club pour se préparer à une éventuelle montée en Ligue 2 porte ses fruits. Tous les voyants sont aujourd’hui au vert pour essayer de réaliser quelque chose d’intéressant en fin de saison. Maintenant, nous restons tous prudents car nous sommes conscients que ce qui a pu fonctionner pendant six mois peut très bien ne plus fonctionner les six mois suivants. Ce n’est pas ce que l’on espère. On espère que l’on pourra continuer sur cette dynamique. Les joueurs ont l’air conscients de cela, ils sont à l’écoute. Il n’y a qu’à voir la nouvelle défense mise en place par le staff vendredi soir et qui a eu un rendement excellent. A tous les niveaux du club, j’ai conscience du travail fourni et c’est pour cela que je tiens à dire à tous, bénévoles qui viennent régulièrement nous donner un coup de main également, un grand merci. Ce titre honorifique de champion d’automne revient à toutes les composantes du club. Ce n’est pas de la langue de bois, c’est juste quelque chose qu’il faut constater. Il n’y a qu’à regarder les joueurs qui sont en équipe première et qui viennent de la post-formation dunkerquoise. Merci donc également aux éducateurs. Merci également à nos partenairew et encore un grand merci au Président de la CUD, Patrice Vergriete pour le soutien sans faille et la confiance dont il nous honore. C’est grâce au travail de chacun que l’on arrive à faire cette première partie de saison « idéale ». Ce titre de champion d’automne est pour vous tous. »