Publié le 30 avril 2017
L'entraîneur maritime est revenu sur la défaite dunkerquoise, vendredi, face à Lyon Duchère.
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  • Didier, pour commencer, peux-tu revenir sur la défaite de vendredi face à Lyon Duchère (4-1) ?

« Prendre 4-1, c’est forcément une déconvenue. Après, ce qui est navrant, c’est que la préparation et l’entame du match ont été géniales. Les joueuers semblaient concentrés, prêts à faire ce qu’il fallait. Malheureusement, à la douzième minute, on prend un but gag. Moi qui suis défenseur, j’ai honte. J’aurais préféré prendre un but sur une belle action. Cette ouverture du score a changé le cours du match, car Lyon a reculé en défense. On a tout de même réussi à se procurer pas mal d’occasions, ce qui est positif puisque ça faisait quelques matchs qu’on était stériles à ce niveau-là. A la mi-temps, il a fallu gueuler. On est bien rentrés dans cette deuxième période en inscrivant un but rapidement. Et puis à la 75ème minute, nouvelle perte de balle et nouveau but. Sur 30 buts encaissés, on en prend 25 par notre faute à cause d’erreurs défensives. Sur le troisième but, on est battus dans les duels, pas assez prêts dans le combat. Le quatrième but est anecdotique et ça m’embête pour Djibi parce qu’il a été l’un des hommes du match. Mais voilà, on a des joueurs qui jouent avec la peur au ventre, qui manquent de rigueur, de concentration. »

  • Il ressort de certains commentaires que les joueurs ne se sont pas  battus, c’est ton avis ? Ils ont manqué d’envie ?

« Non, ce n’est pas d’envie dont ils ont manqué, c’est de concentration. Je pense que certains ont peur, qu’ils sont bridés, qu’ils n’arrivent pas à se lâcher. Ca a été notre défaut toute la saison, mais à chaque fois qu’on a l’impression de dominer, au bout de dix minutes, on se relâche en défense. A ce niveau-là, on n’a pas le droit de faire autant d’erreurs que contre Lyon. Après, il y a des joueurs exceptionnels dans cette  équipe, donc je ne veux pas les accabler. Ce sont des mecs extraordinaires, un bon groupe. Ils n’ont pas fait exprès de perdre ce match, mais la peur leur fait perdre leurs moyens. Lorsqu’on a un peu peur, on baisse sa concentration et sa rigueur de 5% et là, on devient des joueurs de milieu de tableau de National. J’aurais préféré que l’on arrive caché et en pleine euphorie à cette place, mais ce n’est pas le cas. Ça va être difficile, il va falloir changer des choses, regarder les joueurs qui n’ont pas eu l’occasion de beaucoup s’exprimer. Mais clairement, on ne pourra pas jouer contre les Herbiers avec des mecs qui ont le trouillomètre à zéro. »

  • Comment vis-tu les différentes critiques ?

« Que les gens critiquent parce qu’on vient d’en prendre quatre, c’est normal. Reste la manière de dire les choses ! Aujourd’hui, il n’y a aucun joueur d’expérience dans cette équipe, dans le sens où aucun n’a déjà vécu cette montée de National en Ligue 2. Du CFA au National, c’est différent, ça n’a rien à voir. Ca veut dire qu’à un moment, les joueurs ont peut-être peur concernant leur avenir. Ils s’interrogent sur la suite en cas de montée. Est-ce qu’ils vont jouer ou pas ? Peut-être que ça peut en brider certains ! Les footballeurs peuvent être égoïstes parfois. Maintenant dans cette équipe, je ne pense pas qu’il y ait ce genre de personnalités, mais il y a des mecs qui n’arrivent pas à passer au dessus de ce challenge de rigueur et de concentration. A moi de trouver les clés, mais c’est compliqué quand on fait des erreurs pareilles ! Lorsqu’on a  voulu changer des choses, on a été confrontés à des blessures ou à des méformes, ce qui fait que les mecs n’ont pas su mettre de pression aux habituels titulaires. J’espère que ce sera différent pour cette fin de saison. Après, il se peut que j’ai parfois fait des mauvais choix, mais ça, c’est toujours à la fin qu’on le voit. On se pose toujours la question de savoir si avec d’autres joueurs, les choses auraient été différentes. »

  • Et lorsque tu lis que les joueurs n’ont pas envie de monter ?

« Pas envie de monter, c’est faux. Peur de monter, peut-être. J’ai vu comme ils étaient abattus après le nul contre Pau. Mais comme je le répète souvent, il y a plus grave dans la vie. On prend un coup, on baisse la tête et on doit rebondir, mais là, c’est le trouillomètre à zéro. Dans le jeu, ce qu’on a demandé a été fait, au moins offensivement. A part contre Bastia, on n’avait jamais perdu avec plus d’un but d’écart. Là, c’est une belle volée. Il faut la prendre, elle fait du bien. Dans la vie, on n’a que ce qu’on mérite. Les gens ont le droit de critiquer. Moi ce qui m’embête le plus, c’est pour les personnes du club, les vrais supporters. On n’arrive pas à se lâcher. Il faut jouer avec une rigueur extrême, ne pas se prendre pour un autre… Maintenant, il va falloir vraiment réfléchir cette semaine. Je pense qu’on est l’équipe la plus nulle sur coups de pied arrêtés. Sur 300 corners ou coup-francs, on est à trois buts ! Les autres équipes en sont à sept ou huit minimum ! A nous d’essayer de corriger cela. »