Publié le 2 avril 2021
Préparateur physique de nos Maritimes, Nicolas Buteau fait le point sur le report du match d'Amiens, le Covid et ses conséquences sur la fin de saison.
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Nicolas, vous avez appris le report du match contre Amiens mardi, comment t’adaptes-tu à la situation en tant que préparateur physique ?

« Avec le coach et le staff, on s’est adapté et on a réajusté le programme de la fin de semaine puisqu’on a travaillé ce qu’on avait prévu sur les premières séances.  C’est très délicat de trouver un match amical, donc on est restés sur une opposition interne samedi, ce qui permet de gérer les temps de jeu en fonction de chacun, de donner du temps de jeu à ceux qui en manquent ou d’en alléger d’autres. »

A cause de ce match reporté, vous enchaînerez huit rencontres en cinq semaines entre le 10 avril et le 15 mai, est-ce que cela peut avoir des conséquences ?

« C’est vrai que cela peut être problématique. Maintenant, on le sait en avance, donc à nous de faire le maximum pour bien gérer. Mais l’enchaînement des matchs tous les trois jours est avantageux pour les gros effectifs. Dans notre cas, on va faire le maximum pour axer sur la récupération, pour sensibiliser les joueurs sur l’entraînement invisible. On l’a déjà fait cette saison et on va continuer sur cette voie en essayant d’optimiser la récupération puisqu’on se rapproche de la fin de saison. »

L’USLD a été également été touchée par le Covid, comment gères-tu cette période où des joueurs sont positifs ?

« C’est clairement une situation inédite et très particulière. Il y a ceux qui commencent à avoir des symptômes et pour qui on essaie d’anticiper un peu en les isolant, en les renvoyant chez eux. Le joueur voit le médecin puis fait un test. Il y a aussi le cas de figure, et cela arrive très fréquemment, de joueurs asymptomatiques, et dont on découvre qu’ils sont positifs juste parce qu’on fait des tests une à deux fois par semaine. Il y a des joueurs, et on en a eu plusieurs cette année, qui n’ont pas eu de symptômes, qui se sentent même bien et à qui on annonce qu’ils sont positifs et qu’ils doivent rester chez eux. Ce n’est pas évident à gérer, mais à ces joueurs asymptomatiques, on leur amène un vélo d’appartement chez eux, on leur fournit du matériel et on leur donne une séance à faire tous les jours pour qu’ils restent un minimum actifs et qu’ils reviennent dans une forme où ils peuvent reprendre directement avec le groupe. Pour les joueurs malades et avec symptômes, cela prenait forcément plus de temps, car ils devaient observer une phase de repos complet, puis bien récupérer avant de reprendre la phase de travail athlétique. »

« C’est une situation stressante au quotidien »

Pour les joueurs malades, combien de temps faut-il selon toi compter pour retrouver un niveau de forme optimal ?

« C’est dur de répondre, car on n’a pas encore beaucoup de recul. Certains joueurs ont été plus ou moins touchés. On prend souvent l’exemple de Guillaume Bosca, qui a été le premier touché et qui a eu le plus de symptômes. Sur ce que l’on sait sur le Covid actuellement, ça touche essentiellement les voies respiratoires. Donc en termes de cardio, un joueur touché par le Covid va digérer moins rapidement les séances, va avoir du mal à enchaîner les efforts, va s’essouffler plus vite que les autres puis cela va revenir progressivement. Mais donner un délai de retour me semble compliqué, d’autant qu’on n’est pas certains que l’on récupère à 100%. Aujourd’hui, je n’ai pas la réponse. »

As-tu l’impression d’avoir changé de rôle avec le Covid cette saison ?

« Le gros du travail reste le même, avec une contrainte supplémentaire. Mais cette contrainte est valable pour le préparateur physique, pour le staff sportif et médical, pour l’ensemble du club. On a un paramètre en plus à gérer, c’est le Covid, les joueurs arrêtés er leur reprise. Ca m’a donné beaucoup de séances supplémentaires à faire, tout en me poussant à individualiser encore plus, mais cela fait partie de mon travail. »

As-tu dû changer de méthode de travail ?

« Disons qu’on va être beaucoup plus à l’écoute des joueurs. Par exemple, si un joueur s’essouffle assez vite ou arrive avec un simple mal de crâne, on va tout de suite penser au Covid, alors qu’avant on pouvait penser à un rhume ou un coup de moins bien. Là, ça en devient une psychose. On parle toujours du Covid et on fait automatiquement un test au joueur. C’est devenu un réflexe et c’est vrai que c’est une situation stressante au quotidien. »