Contre vents et marées

Publié le 17 juillet 2020
Alors que nos Maritimes affrontent le Stade de Reims, ce samedi à 18h, le préparateur physique Nicolas Buteau est revenu sur les trois premières semaines de préparation.
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  • Comment se sont passées les trois premières semaines de préparation ?

« On a surtout essayé, la première semaine, de remettre les joueurs progressivement dans l’activité football puisqu’entre le dernier entraînement et le retour sur le terrain, quinze semaines se sont écoulées. On a donc essayé de leur faire reprendre le contact avec le ballon  et de monter progressivement en intensité, mais ce n’était vraiment pas l’objectif des premières semaines. »

  • As-tu pu constater des effets suite à cette longue coupure ?

« Pour la plupart des joueurs, j’ai été agréablement surpris. Ils  se sont dans l’ensemble bien entretenus, ils ont respecté les différents programmes reçus. Puis on a surtout vu des joueurs qui avaient très envie de se retrouver, de retoucher le ballon, d’être sur un terrain de foot tout simplement. »

  • Comment se sont passées les semaines de confinement en termes de préparation physique ?

« C’était très particulier, vraiment atypique, car on n’avait pas de date précise de reprise, on ne savait pas si on allait reprendre la compétition. C’était vraiment spécial. J’avais décidé de fonctionner à la semaine. Chaque semaine, j’envoyais un programme aux joueurs et dans ce programme j’essayais de toucher à toutes les qualités athlétiques, que ce soit l’aspect cardio, le renforcement musculaire haut et bas du corps, mais aussi la vivacité. Je voulais que dans la semaine, ils aient touché à toutes les qualités. »

  • La préparation est plus longue que les années précédentes, c’est lié à la situation sanitaire ?

« Oui, le but était de monter progressivement en intensité, mais la première semaine a d’abord servi à faire un état des lieux et surtout leur faire reprendre contact avec le ballon et avec les chaussures de foot qu’ils n’avaient pas sorti depuis plusieurs semaines pour la plupart. On avait entendu qu’il y avait pas mal de blessures depuis la reprise et on a voulu être très vigilants dans ce domaine. »

  • Vous avez effectué le teste VMA la semaine dernière, as-tu été surpris par les résultats ?

« Par certains oui. Dans l’ensemble, c’était plus que correct. On voit qu’après une longue période d’inactivité, il y a différents états de forme. Mais ceux qui étaient légèrement en retard ont tout fait pour revenir à hauteur. C’est aussi l’objectif des huit semaines. »

  • Vous disputez le premier match amical aujourd’hui, l’objectif est également de monter en puissance progressivement ?

« Oui,  d’un point de vue athlétique, l’objectif est d’y aller progressivement en termes de volume. Sur un premier match, on veut que tout le monde ait 45 minutes de jeu. On préfère comme l’a dit Fabien qu’ils mettent de l’intensité 45 minutes plutôt que de se gérer et vouloir faire 60 ou 70 minutes. C’est vraiment y aller progressivement en termes de temps de jeu. »

  • Les joueurs disposent également d’un GPS individuel désormais, quelle en est l’utilité ?

« C’est quasi indispensable aujourd’hui dans le sport de haut niveau et on voit que presque tous les clubs de National en possèdent désormais. Cette année, le club a pu investir dans ce matériel avec Gpexe.  C’est un très bon indicateur en termes de charge d’entraînement et ce dans plusieurs paramètres : distance parcourue, vitesse, nombres d’accélérations, de décélérations etc. Cela nous fournit énormément de données qui sont très intéressantes pour le suivi du joueur individuellement. »

  • Outre les entraînements, vous mettez en place des activités hors football. L’objectif est d’éviter la lassitude ?

« Oui, comme on a huit semaines et qu’on a du temps, l’idée est aussi de changer de cadre tout en ayant des objectifs derrière chaque activité. Il peut y avoir un objectif de cohésion, un objectif athlétique, un objectif mental etc. Il  y a toujours un objectif derrière une activité et encore plus quand on a huit semaines de préparation. Changer de cadre s’avère bénéfique. »

  • A titre personnel, tu retrouves Fabien avec qui tu as déjà collaboré par le passé, comment se passent les retrouvailles ?

« Fabien, ça fait désormais douze ans que je le connais. On a travaillé plusieurs saison ensemble et même lorsqu’on ne travaillait pas ensemble, on était régulièrement en contact. On va dire que c’est comme au début, c’est le Fabien que je connais depuis plusieurs années. Du coup, on connaît ma manière de fonctionner de chacun et c’est un gain de temps. »