Publié le 29 décembre 2021
Au terme de cette première partie de saison, Jean-Pierre Scouarnec, président et actionnaire de l'USL Dunkerque, dresse un premier bilan de cette deuxième année consécutive dans le championnat de Ligue 2 BKT. Entretien.
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Sur le sportif

Président, quel regard portez-vous sur la première partie de saison de l’équipe ?

Elle est particulièrement difficile. On sait tous que la deuxième saison en Ligue 2 BKT est compliquée, mais nous ne nous imaginions pas qu’elle le serait autant. Avant la saison, nous avons choisi de prendre un entraîneur qui nous convenait, tant dans ses intentions de jeu que dans ses qualités humaines et professionnelles. Malgré ce que tout le monde pense et peut dire, il connaît le haut niveau et son exigence par cœur. Malheureusement, après une préparation intéressante, les premiers résultats sportifs n’ont pas été à la hauteur de ce qu’on désirait.

Pour aider l’équipe à obtenir des résultats, on a recruté. Cela nous a permis, à un moment donné, de pouvoir faire une série de cinq matches sans défaites, dont quatre victoires. Après ça, nous sommes retombés dans nos travers. Je suis un peu déçu, mais pas de mon entraîneur, car il est resté fidèle à lui-même. Je suis surtout déçu des performances individuelles des joueurs. Il y a peu de joueurs, dans le groupe, qui ont le même niveau que l’année dernière. Mis à part trois ou quatre joueurs, très peu sont au niveau de la Ligue 2 BKT. Pour pouvoir avoir des résultats, il va falloir que tout le monde hausse son niveau de jeu.

Souhaitez-vous, comme cet été, injecter de la fraîcheur au sein du groupe à travers le mercato hivernal ?

On travaille sur ce « petit » mercato hivernal pour essayer d’apporter des solutions supplémentaires. Après, il faudra que certains joueurs et cadres de l’équipe retrouvent le niveau de jeu qu’ils pouvaient avoir la saison dernière.

Quels vont être les axes de progression de l’équipe pour aller chercher l’objectif du maintien ?

Tout d’abord, j’espère qu’on parviendra à l’acquérir avant la dernière journée du championnat. Pour le reste, je trouve qu’on manque d’engagement physique et de ce « plus » qui fera qu’on sera capables de bouger un adversaire. Contre Guingamp, on arrive à faire du jeu sans être décisif en première mi-temps. Au retour des vestiaires, les Guingampais mettent plus de puissance et on concède un but. On arrive à revenir et, quasiment sur l’engagement, nous en encaissons un deuxième. Ça, c’est interdit. Il faut qu’on soit beaucoup plus costauds. Ils ont déjà fait une saison de Ligue 2 BKT, donc ils savent ce que c’est. Là, il faut s’imposer beaucoup plus physiquement.

On sait que nous sommes en difficultés et que l’obtention du maintien sera difficile, mais on va se donner tous les moyens pour le réaliser. Après, bien-sûr que nos objectifs changent. Nous aurions aimé finir à la 14ème ou 15ème place. Là, ça va être excessivement difficile même si nous ne sommes pas si loin que ça, en nombre de points, de nos adversaires directs. Toutefois, il faut que nous soyons lucides : on doit viser la 17ème place et aller chercher ce maintien avec nos tripes !

Arrivé sur la pointe des pieds cet été pour évoluer, dans un premier temps, avec l’équipe réserve, Bilal Brahimi s’est finalement avéré être l’un des Dunkerquois les plus en vue de cette première partie de saison…

Je pense que Bilal Brahimi sera un grand joueur de football. Il le prouve à 21 ans et c’est bien ce qui est inquiétant, car il n’a que 21 ans. Aujourd’hui, si on doit citer le meilleur joueur de cette première partie de saison, c’est lui. Pourtant, cela devrait être à des joueurs qui ont plus de métier de porter l’équipe. C’est à eux de le faire. C’est facile de parler du coach. Aujourd’hui, Romain Revelli fait son travail. Il met les joueurs dans les meilleures dispositions pour qu’ils réussissent.

Malheureusement, il manque cette envie, ce supplément d’âme, cet engagement physique, ne rien lâcher, être présent sur tous les ballons et faire les efforts, défensivement comme offensivement. Il manque tout simplement les valeurs du club. Si on voit l’ensemble des résultats, on perd quasiment tout sur une différence d’un but. Il manque juste ce petit supplément d’âme qu’il faudra avoir dès le 8 janvier, contre le Paris FC. C’est ça qui va nous porter. Aujourd’hui, nos supporters sont là et nous poussent à chaque match. Il faut leur rendre ça et faire du Stade Tribut un lieu inviolable et imprenable.

Sur le développement du club

En plein cœur de cette deuxième saison consécutive en Ligue 2 BKT, le club connaît un développement conséquent. Quels sont les objectifs que l’USL Dunkerque s’est fixés pour cette nouvelle année 2022 ?

D’un point de vue administratif et commercial, on a fait un bond en avant afin de pouvoir amener des revenus supplémentaires au club. Que ce soit par l’utilisation du Stade Tribut et de tous les autres moyens que nous avons pour pouvoir le quotidien financier du club. Ça n’est que le début, mais ça fonctionne car il y a de l’intérêt pour cela. C’est très bien car cela va permettre d’apporter une vie plus saine pour le club.

Derrière cela, et on travaille dessus depuis une saison et demie déjà avec la Communauté Urbaine et la Ville de Dunkerque, il y a le développement sportif du club et des installations. Ça commence, petit à petit, à prendre forme et cela va vite se développer dans les années qui viennent. On pourra se targuer d’avoir un centre d’entraînement professionnel et un centre de formation digne de ce nom.

Avec près de 800 licenciés, cette nouvelle année marque aussi la fin des travaux du Stade Tribut et notamment de cette nouvelle tribune, qui viendra directement servir à l’association…

Il était prévu que le Stade Tribut soit construit en deux parties. Au sein de cette nouvelle tribune, on trouvera toutes les installations permettant à nos jeunes de se préparer, de jouer et de travailler. C’est quelque chose d’important pour l’ensemble du club. Ces dernières années, nous allions nous entraîner sur des terrains qui sont plutôt dédiés à d’autres clubs de la ville. Maintenant, on va arriver à avoir nos propres infrastructures et nos propres outils de travail pour permettre à nos jeunes d’avancer tranquillement.

Finalement, ce nouveau Stade Tribut n’est-il pas le symbole du travail quotidien réalisé main dans la main entre le club, la Ville de Dunkerque et la Communauté Urbaine ?

L’ensemble du Stade Tribut a été financé par la Communauté Urbaine de Dunkerque et je souhaite remercier fortement Patrice Vergriete, président de la CUD et maire de Dunkerque, pour avoir mené à bien ce projet. Il avait envie d’avoir une équipe en Ligue 2 BKT. Nous devons y rester, déjà, pour le remercier. Quand nous étions en National, pour monter en Ligue 2 BKT, nous avions besoin d’un stade homologué. Il l’a très bien compris, très bien analysé et a décidé d’investir dans ce nouvel écrin de 5.000 places.

On ne peut que le remercier pour cela, car ça va être un outil de travail magnifique, tant pour l’équipe première qui est la vitrine, que pour l’ensemble des équipes qui évoluent au Stade Tribut ou au Fort Vallières. Elles pourront bénéficier de toutes les infrastructures de cette tribune et continuer à grandir au sein du club pour, un jour, tenter d’intégrer cette fameuse « vitrine » ! C’est un travail au quotidien entre les services de la CUD, de la ville et du club, mais aussi entre les deux présidents, puisque nous avons une excellente relation de confiance.

Sur le retour du public au Stade Tribut

Pour vous, Président, que représente ce nouveau Stade Tribut, à la fois pour le club que pour l’ensemble des Dunkerquois ?

Il symbolise le retour du club de football de Dunkerque au plus haut niveau. La disparition du club de la deuxième division, il y a une vingtaine d’années, avait malheureusement coïncidé avec une baisse de l’activité économique dunkerquoise. Aujourd’hui, la remontée de l’équipe en Ligue 2 BKT a correspondu, à l’inverse, à l’augmentation de l’activité économique de Dunkerque et de son territoire. C’est important, pour les Dunkerquois, de savoir que tout va mieux.

Moi, je suis encore plus content car j’aime quand l’ensemble des clubs sportifs du Dunkerquois vont bien. Je suis très heureux pour eux et, maintenant, à nous de faire le travail nécessaire pour rester à ce niveau.

Le message à toute la population de l’agglomération de Dunkerque n’est-il finalement pas de se donner rendez-vous, au Stade Tribut, en 2022 ?

Bien-sûr ! La première année de l’USL Dunkerque pour son retour en Ligue 2 BKT a été tronquée par la Covid-19. Avec l’ensemble des clubs sportifs du Dunkerquois, nous avons remarqué que le public avait du mal à revenir dans les enceintes sportives. Aujourd’hui, toutes les conditions sont réunies pour que les spectateurs et les habitués puissent revenir en famille voir du spectacle de qualité.

Il faut revenir nous retrouver et nous ferons des opérations afin qu’ils puissent reprendre goût à venir faire le douzième homme car, sans eux, nous n’y arriverons pas.